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inapoi ultramuros inainte
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ultramuros est un adverbe. c’est un état d’esprit qui se veut également un état de fait. c’est une posture aussi bien intellectuelle que sociale. c’est une manière d’aborder la vie, avec sa morale et ses pesantes et inutiles démarcations. « par delà le bien et le mal » avait proclamé Nietzsche. une très bonne formule, mais je crois avoir trouvé quelque chose qui me va encore mieux. ultra-muros. par delà les murs, par delà les enclos, par delà les remparts. non pas contre les démarcations, non pas pour l’abolition des dichotomies sinon pour leur survol, pour le détachement et la liberté d’outrepasser quand bon me semble.

la petite ville du moyen-âge était une citadelle, parfois inexpugnable, parfois raisonnable. il y avait les fortunés qui habitaient à l’intérieur des murs, intramuros, et ceux qui ne venaient y trouver refuge qu’en cas de danger imminent, et dont la demeure était extramuros. ce qui ne devait être qu’une différence mineure entre des habitants ayant besoin les uns des autres lors des invasions et des sièges prolongés, empruntait souvent une distinction de statut, la population intramuros oubliant en temps de paix l’importance des con-citadins dont les biens étaient plus exposés aux attaques. ils appliquaient, fort mal adapté, le « droit de cité » des grecs antiques, et donc les exclusions qui en découlaient conséquemment.

à l’ère moderne, si les murailles de brique sont tombées, persiste toujours cette arrogance des gens qui se croient intramuros uniquement pour pouvoir mépriser les individus qui aimerais le devenir. personnellement, je me suis senti mal dans les deux postures, aussi bien dans celle de l’excluant que dans celle de l’exclu. mon parcours existentiel, les conjectures impropres aux attachements, aux embrigadements de toute sorte, m’ont naturellement amené à trouver et ensuite étoffer cette attitude de franc-tireur sans allégeance ou parti-pris…
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