2010 – l’apaisante redondance du pouls

scriitură fragmentară, 2010, Maurițius
cuprinde 41 de poeme în proză, în franceză, netraduse.
poate fi descărcată integral de aici.

o selecție :

***

n’est pas triste qui veut

j’ai abandonné mon dû sur la banquise de l’oubli.
la saison de la joie est close, il ne me reste
qu’à boire l’amertume de ce Sud solaire.

***

vivre un peu, pour me dépanner.

mon existence est au garage, suspendue. je la bricole du mieux que je peux, j’ai toutes les pièces, ce n’est qu’une affaire de réglage. de temps à autre, je la sors pour faire le tour du mécano. je rentre toujours en la poussant, cette saloperie de caisse.

***

mes jours ne sont qu’arpèges d’accordeur,
mes gestes, caresses furtives de coiffeur,
et mes regards des envies de tailleur.
imposteur de mon vivant,
je vis par procuration,
que je contrefais à la barbe de mon destin.

***

les mots qui jaillissent de ma bouche savent plus de choses sur moi que je n’en sais sur leur sens métamorphique. éteint, je reste invisible derrière la clarté de mes phrases, pourtant si transparentes et impersonnelles.

***

les événements passés que je continue de couver ne me méritent pas plus pour autant; ils refusent de perdre leur inepte naturel, et la chaleur immobile de ma mémoire qui se dissipe malgré tout ne pourra rien contre leur stérilité définitive.

***

je suis poussière engendrée par la poussière, poudre ardente qui ne fut jamais rien d’autre que cendre refroidie.

***

lorsque la fatigue peut apporter indifféremment le sommeil ou la fin, je me prends de pitié pour vous, mes pauvres petites phrases, ruisseaux qui ne serez jamais nouvelle-rivière, jamais roman-fleuve.

***

le poète aiguisa son inspiration jusqu’à l’évanescence. elle trancha dans le vif du sujet aimant, et disparut.

***

lorsque mon exil entamera son pourrissement, quel royaume s’empressera de m’appeler ?

***

je traîne mes joies rétractiles, escargot prisonnier de cette coquille de l’introversion.