cuvânt înapoi

passe-present

acesta este un mic blog iscat dintr-o ședere de aproape 3 săptămâni în Cernăuți, Ucraina. pentru că ați dat peste el după ce l-am terminat de postat — dar asta cred că o știți deja — pentru o citire logică (nu că blogul ar avea una foarte puternică, dar totuși) recomand citirea de la coadă la cap, începând cu ziua unu. wordpress îmi va semnala comen­tariile postume, deci nu ezitați, îmi va face plăcere să rememorez clipe bucovinene…

ceci est un petit blogue né d’un séjour de presque 3 semaines à Chernivtsi, Ukraine. puisque vous êtes tombé sur lui après l’avoir fini, mais je pense que vous le savez déjà, afin de le lire logiquement (non pas qu’il possé­derait une logique d’enfer, mais tout de même) je suggère une lecture de dal fine al capo, en commençant par le jour 1. wordpress me signalera tout commentaire posthume, alors n’hésitez pas, il me fera plaisir de remémorer des instants de Bucovine…

fin sans suite…

c’est le moment du retour… l’effet de nouveauté est passé; si je veux garder un bon souvenir de cette bourgade je dois m’éloigner sans plus tarder. une vingtaine de jours c’est avérée suffisante pour comprendre ce qu’un étranger dois comprendre, sans tomber dans un voyeurisme malsain, car à force de scruter le dénuement on peut induire un mauvais dénouement…

je n’ai pas de conclusion pour l’instant, je la laisse mûrir dans mon esprit…

le petit pépère des peuples

on retrouve chez les petits peuples quelques manies communes, liées à leur petitesse de culture et à leur manque d’amplitude dans leur respi­ration sociale. pour ne pas suffoquer, les petits peuples s’inventent des choses ou bien élèvent au rang de symboles nationaux des choses qu’autrement seraient juste décentes. j’avais parlé à une autre occasion de l’obsession des petits peuples (je connais surtout le cas des pays de l’Europe de l’Est) de se trouver au moins un scien­tifique, un artiste, un bâtisseur pour les repré­senter sur la scène inter­na­tionale. la fierté des petites cultures ne demande pas beaucoup, mais elle ne peut pas se passer d’établir une effigie dans chaque champ d’activité, une person­nalité de taille mondiale qui sauve l’honneur de toute une communauté. les roumains sont des champions dans ce gonflement de l’importance des ouvres, car il reste peu de domaines à qui on n’a pas assigné un génie national. Brancusi, Grigorescu, Coanda, Saligny, Enescu, Vlaicu, et la liste continue…

et aujourd’hui je découvre un autre aspect de cette tentative de se frayer coûte que coûte une place à l’avant-scène de la civili­sation. Bruges — petite Venise du Nord, Liban — Suisse du Moyen-Orient, Bucarest — petit Paris, Chernivtsi — la petite Vienne… la petite Vienne, rien que ça… franchement, il faut arrêter avec cet type insidieux de compa­raison, qui dessert plus qu’autre chose la ville en question… pas besoin d’avoir visité la vraie Vienne pour s’exclamer : la petite Vienne, mon oeil ! si l’on tient à tout prix de comparer Chernivtsi à une autre bourgade, vu son niveau de décré­pitude généralisée, on peut dire alors que Chernivtsi est la Havane du Nord… et j’ai pris une excellente photo pour le prouver…

volgas

fabulation amorale

je suis prêt à voir des profondeurs insoup­çonnées et entiè­rement factices dans le regard d’une fille canon, car une illusion démesurée est plus productive qu’une modeste réalité. et non seulement je suis prêt, mais je le fais sans arrêt, et sans qu’on me le demande, hélas.

dérives langagières

filrmonia-cerna

j’enfonce sûrement des portes ouvertes, mais je me réserve tout de même le droit d’avoir une révélation personnelle : l’autre soir un français se déclarait plus que satisfait de son exécrable accent en anglais, qui n’était égalé que par la pauvreté de son vocabulaire (en anglais). cette arrogance-là m’a fait penser à l’assurance linguistique que peut offrir une grande culture / nation aux locuteurs de sa langue. Celan, en tant qu’individu sans pays, non seulement avait-il fait de l’allemand le socle de son identité, mais il a trouvé bon et naturel de maîtriser une poignée de langues, au point d’écrire des poèmes en roumain ou de traduire de la grande litté­rature russe et française en allemand. et voilà que nous autres, éléments des petits pays, possesseurs des petites identités, on est condamné à la médiocrité, à l’insuffisance struc­turelle. nous savons que notre langue n’est pas suffisante pour nous prodiguer de la suffisance, mais en même temps on n’est pas suffi­samment désta­bilisé pour investir tout notre être dans l’univers sémantique de la langue. j’ai essayé de le faire avec le français, mais je suis constamment rattrapé par l’inconsistance de ma condition, médio­crement ancré dans les deux idiomes, le maternel et l’adoptif.

personnalités à poil

je regarde trois filles engagées dans une vive conver­sation. après dix minutes, sans comprendre un seul mot de leur causerie, je me sens capable de pointer avec précision les traits qui m’agacent chez chacune d’entre elles. de surcroît, je me rends compte que les mots peuvent parfois faire écran lorsqu’on leur prête attention.

entre tordant et tordu

lucrul cel mai bun pe care îl poate face un scriitor este să-și uite cărțile. nimic nu este mai comic decât să te recitești.” (Cioran — Caiete)

… poate că da, dacă ai valoare, dacă evoluezi… dar dacă existența îți este o beznă în care colecționezi scânteile unor gânduri demne de consemnat, parcă îți mai piere cheful de râs… existența este poate o farsă, dar o farsă tristă, care este făcută pe pielea ta.

par dessus l’utilité

în orice lucru, chiar și în cel mai neînsemnat, nu mă pot abține să nu văd amprenta inuti­lității. oricare dintre obiecte ar putea reprezenta la fel de bine în viziunea mea un simbol al inanității. peste uzul imediat al lucrului apasă oceanul zădăr­niciei. suntem o civilizație scufundată în absurd.

un soupçon de prosaïsme

portes-cerna

un docteur ukrainien me demande pourquoi j’ai fait le dépla­cement à Chernivtsi. je tente de lui expliquer : Bucovine, attrait, fasci­nation, monde disparu, traces du passé, Celan, culture, civili­sation, etc… “Ok, ok, but what EXACTLY are you doing here ?” me demande-t-il. il y a des gens qui croient dur comme fer non seulement qu’il existe des buts dans la vie, mais qu’en plus ils peuvent être précis.

bouée lumineuse

cum o spune coperta IV a ediției pe care o parcurg în acest moment, vreme de 15 ani Cioran a umplut 34 de caiete cu însemnări. Simone Boué, compa­nioana sa de viață, nu este pomenită nici măcar o singură dată, în timp ce relațiile sale cu diferite personaje abia întrezărite pot provoca o frază sau un fragment întreg. să însemne asta că persoana cea mai apropiată nu i-a inspirat nici măcar o reflexie ? greu de crezut. și totuși, care să fie motivul acestei etanșeități perfecte între afectele de cuplu și operă ? (în plus, se cunoaște faptul că Cioran interzicea formal Simonei să pătrundă în camera sa de lucru)… o pudoare desuetă cel mai probabil, căci să nu uităm că în acest răstimp Cioran a avut și călcâiele aprinse după nemțoaica Friedgard Thoma, pe care deasemeni nu o pomenește deloc… poate că, în cazul său, tandrețea și afecti­vitatea par subversive și chiar neavenite în sânul unei opere în care dezabuzarea este ridicată la rang de sistem…

sans un équilibre de forces, je m’en balance

la figure de la divinité, telle qu’elle nous est proposée, ne m’intéresse pas car on ne peut pas conce­va­blement se venger pour le malheur qu’elle nous inflige, gratui­tement parfois… car la divinité est inatta­quable, inattei­gnable, mis à part quelques sauts d’humeur insigni­fiants que l’on peut lui provoquer par l’exercice de nos humbles dignités…

mitropo-cerna

mi-a mai trecut

cette appré­hension de réussir qui me poursuit depuis que, très jeune, j’ai choisi de ne pas le faire inten­tion­nel­lement… non, vraiment, l’effroi de réussir malgré moi qui m’a tant tourmenté… enfin, avec le temps, je suis arrivé à le maîtriser, et derniè­rement cela c’est un peu calmé… aujourd’hui j’en pâtis uniquement des formes légères : l’embarras de réussir, le scrupule d’y arriver, la gêne de percer… mais, je le sais désormais, mon angoisse de l’épanouissement ne guérira jamais…

contresens de l’ascension

oricâtă demnitate ar putea conferi o colecție de accesorii materiale condiției umane, fie ea situată pe linia de plutire a decenței sau pe piscurile arogante ale luxului, încon­jurată de bunuri, ființa nu poate apărea decât cu mai mare claritate în goliciunea sa semantic-existențială. poți să urci treptele acelei ierarhii sociale pe care dorești să o recunoști, doar pentru a te distrage de la absurdul oricărui efort (impus sau voluntar)… însă, odată ajunși sus de tot, câți au curajul să privească încă înainte, spre vid ? mai toți privesc înapoi și își agață privirea și rostul de jaloanele ce le-au marcat ascen­siunea. etapele progresiei sociale devin, pe măsură ce sunt parcurse, țeluri în sine… important este să participi, se spune în sport. existențial, însă, nu e nimic de câștigat.