le petit pépère des peuples

on retrouve chez les petits peuples quelques manies communes, liées à leur petitesse de culture et à leur manque d’amplitude dans leur respi­ration sociale. pour ne pas suffoquer, les petits peuples s’inventent des choses ou bien élèvent au rang de symboles nationaux des choses qu’autrement seraient juste décentes. j’avais parlé à une autre occasion de l’obsession des petits peuples (je connais surtout le cas des pays de l’Europe de l’Est) de se trouver au moins un scien­tifique, un artiste, un bâtisseur pour les repré­senter sur la scène inter­na­tionale. la fierté des petites cultures ne demande pas beaucoup, mais elle ne peut pas se passer d’établir une effigie dans chaque champ d’activité, une person­nalité de taille mondiale qui sauve l’honneur de toute une communauté. les roumains sont des champions dans ce gonflement de l’importance des ouvres, car il reste peu de domaines à qui on n’a pas assigné un génie national. Brancusi, Grigorescu, Coanda, Saligny, Enescu, Vlaicu, et la liste continue…

et aujourd’hui je découvre un autre aspect de cette tentative de se frayer coûte que coûte une place à l’avant-scène de la civili­sation. Bruges — petite Venise du Nord, Liban — Suisse du Moyen-Orient, Bucarest — petit Paris, Chernivtsi — la petite Vienne… la petite Vienne, rien que ça… franchement, il faut arrêter avec cet type insidieux de compa­raison, qui dessert plus qu’autre chose la ville en question… pas besoin d’avoir visité la vraie Vienne pour s’exclamer : la petite Vienne, mon oeil ! si l’on tient à tout prix de comparer Chernivtsi à une autre bourgade, vu son niveau de décré­pitude généralisée, on peut dire alors que Chernivtsi est la Havane du Nord… et j’ai pris une excellente photo pour le prouver…

volgas

2 thoughts on “le petit pépère des peuples

  1. Et, comme c’est la Havane du Nord, ça manque cruel­lement de couleur, surtout ces bagnoles d’apparatchik de province. On dit de ces petites villes qu’elles ont leur “petit charme”, un peu comme on dirait des jeunes filles de campagne quand on se lasse de la coquetterie sophis­tiquée des grandes dames de la cour et qu’on veut s’oublier dans la fraîcheur reposante d’une jolie sauvage.

  2. les Volgas en question sont, tout comme à Cuba, le vestige d’une domination, dans le cas des ukrainiens celle des russes, qui n’est pas prête à s’effacer pour demain la veille… la difference c’est que les sovié­tiques ont laissé derrière beaucoup plus de Ladas merdiques que de Volgas ou des ZILs luxueuses…

    et Chernivtsi ne manque pas vraiment de couleurs, seulement elles sont franchement délavées…

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